La production de cathodes pour batteries électriques marque un tournant décisif pour l’industrie automobile française. Avec le lancement de la première usine dédiée à ces composants stratégiques, l’Hexagone renforce son indépendance dans la chaîne de valeur des véhicules électriques. Ces matériaux, qui représentent près de 40 % du coût d’une batterie, jouent un rôle clé dans les performances et l’autonomie des voitures de demain.
Située au cœur de la Vallée de la batterie à Dunkerque, cette installation industrielle s’inscrit dans une dynamique européenne visant à sécuriser l’approvisionnement en composants critiques. Porté par un partenariat franco-chinois, le projet Neomat CAM promet de transformer le paysage énergétique du continent tout en créant des centaines d’emplois locaux.
Une usine stratégique pour l’autonomie européenne
Un projet phare dans les Hauts-de-France
La future usine Neomat CAM s’implante sur le site portuaire de Dunkerque, un choix stratégique au sein d’un écosystème industriel en pleine expansion. Ce pôle, déjà surnommé la « Vallée de la batterie », rassemble plusieurs gigafactories et acteurs majeurs du secteur, faisant des Hauts-de-France un hub incontournable pour l’électromobilité. La cérémonie de pose de la première pierre, organisée en présence du ministre de l’Économie Roland Lescure, a souligné l’importance de ce projet pour la souveraineté énergétique française.
Un partenariat public-privé ambitieux
Détenu à 49 % par le groupe français Orano, spécialiste du nucléaire, et à 51 % par le chinois XTC New Energy, ce projet représente un investissement de 500 millions d’euros. Près d’un quart de cette somme provient du crédit d’impôt pour l’industrie verte (C3IV), un dispositif gouvernemental visant à accélérer la transition écologique. Labellisé « projet stratégique » dans le cadre du Net Zero Industry Act européen, Neomat CAM bénéficie d’un soutien institutionnel sans précédent.
Une production ciblée pour des performances optimales
Contrairement à une usine classique, Neomat CAM se concentrera sur la transformation de précurseurs importés (P-CAM) en matériaux actifs de cathode (CAM). Ces derniers, composés de nickel, cobalt et manganèse, déterminent directement l’autonomie et la vitesse de recharge des batteries lithium-ion. Bien que la technologie reste sous licence chinoise, Orano mise sur un centre de R&D local pour acquérir progressivement le savoir-faire nécessaire à une production 100 % souveraine.

Les enjeux économiques et technologiques
Une capacité de production inédite
Avec une mise en service prévue fin 2028, l’usine vise une production annuelle de 40 000 tonnes de matériaux actifs de cathode. Cette quantité permettrait d’équiper près de 500 000 véhicules électriques, soit une capacité de 64 GWh. Un bond en avant significatif pour la filière française, qui réduit ainsi sa dépendance aux importations asiatiques.
Création d’emplois et attractivité industrielle
Le projet Neomat CAM générera plusieurs centaines d’emplois directs et indirects, renforçant l’attractivité des Hauts-de-France. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large de réindustrialisation verte, où la France mise sur des secteurs à haute valeur ajoutée pour relancer son économie. Les retombées locales pourraient s’étendre bien au-delà du seul secteur automobile, avec des opportunités pour les sous-traitants et les fournisseurs de services.
Vers une souveraineté progressive
Si la technologie initiale provient de Chine, le partenariat prévoit un transfert progressif de compétences vers les équipes françaises. Orano a d’ores et déjà annoncé la création d’un centre de recherche et développement sur place, afin de maîtriser à terme l’ensemble du processus de fabrication. Cette approche pragmatique permet de concilier rapidité de déploiement et indépendance à long terme.

FAQ
Pourquoi les matériaux actifs de cathode sont-ils si importants pour les batteries ?
Les matériaux actifs de cathode (CAM) déterminent les performances clés d’une batterie : autonomie, puissance et durée de vie. Composés principalement de nickel, cobalt et manganèse, ils représentent près de 40 % de la valeur totale d’une batterie lithium-ion.
Quels sont les avantages de produire ces composants en France ?
La production locale réduit la dépendance aux importations asiatiques, sécurise l’approvisionnement des constructeurs européens et crée des emplois. Elle permet aussi de mieux contrôler la qualité et l’empreinte carbone des batteries.
Quand l’usine Neomat CAM sera-t-elle opérationnelle ?
La mise en service est prévue pour fin 2028, avec une montée en puissance progressive. L’objectif est d’atteindre une production annuelle de 40 000 tonnes de CAM dès les premières années d’exploitation.
Conclusion
Le lancement de la première usine française de matériaux actifs de cathode marque une étape majeure pour l’industrie automobile européenne. En réduisant sa dépendance aux importations, la France se positionne comme un acteur clé de la transition énergétique, tout en dynamisant son tissu industriel local. Ce projet, porté par un partenariat franco-chinois et soutenu par des fonds publics, illustre la nécessité d’allier coopération internationale et souveraineté technologique.
À l’horizon 2028, Neomat CAM pourrait bien devenir un modèle pour d’autres initiatives similaires en Europe. En combinant innovation, création d’emplois et respect des engagements climatiques, cette usine incarne l’avenir d’une industrie automobile plus durable et résiliente. Une avancée qui profitera autant aux constructeurs qu’aux consommateurs, en offrant des batteries plus performantes et plus accessibles.
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