L’AV2, successeur officiel de l’AV1, marque une avancée majeure dans le monde du streaming vidéo. Annoncé fin mai 2026 par l’Alliance for Open Media, ce codec promet de réduire la taille des vidéos de près de 30 % sans sacrifier la qualité. Une innovation qui pourrait transformer l’expérience des utilisateurs sur des plateformes comme Netflix ou YouTube, tout en allégeant la charge des réseaux.
Pourtant, malgré son potentiel, l’adoption massive de l’AV2 ne se fera pas du jour au lendemain. Entre les défis techniques, les enjeux économiques et les délais d’intégration, ce nouveau standard devra encore prouver sa pertinence avant de s’imposer comme la norme. Décryptage d’une technologie qui pourrait bien redéfinir notre façon de consommer des contenus en ligne.
Pourquoi l’AV2 représente-t-il une avancée majeure pour le streaming ?
L’AV2 n’est pas une simple évolution, mais une véritable révolution dans la compression vidéo. Développé par un consortium réunissant les géants du numérique – Google, Apple, Microsoft, Netflix ou encore Amazon –, ce codec libre de droits vise à optimiser la diffusion des contenus en ligne. Son principal atout ? Une compression jusqu’à 30 % plus efficace que son prédécesseur, l’AV1, déjà utilisé par YouTube et Netflix depuis plusieurs années.
Concrètement, cela signifie qu’une vidéo de 10 Go encodée en AV1 pourrait ne peser que 7 Go en AV2, à qualité égale. Pour les utilisateurs, cela se traduit par des flux plus fluides, même avec une connexion limitée, et une réduction significative de la consommation de données. Un avantage non négligeable à l’ère où le 4K et la réalité virtuelle se démocratisent.
Un modèle économique avantageux pour les acteurs du numérique
Contrairement aux codecs propriétaires comme le H.265 (HEVC) ou le H.266 (VVC), l’AV2 est entièrement libre de droits. Les membres de l’Alliance for Open Media, qui ont collaboré à son développement, s’engagent à ne pas réclamer de redevances sur les brevets. Une approche qui contraste avec les licences coûteuses des standards MPEG, souvent répercutées sur les consommateurs.
Cette gratuité pourrait accélérer son adoption, notamment par les plateformes de streaming et les fabricants de matériel. L’AV2 cible en priorité le streaming en direct, la visioconférence et les contenus immersifs comme la réalité augmentée ou virtuelle. Son architecture optimisée prend également en charge les flux multi-écrans et les captures d’écran, des fonctionnalités de plus en plus demandées.
Des améliorations techniques pour une compression optimale
Les gains de l’AV2 ne reposent pas sur une seule innovation, mais sur une série d’optimisations cumulées. Parmi les principales évolutions :
– Des **superblocs** plus grands (jusqu’à 256×256 pixels contre 128×128 pour l’AV1), permettant une meilleure gestion des zones uniformes.
– Un **partitionnement intelligent** des images, réduisant les redondances.
– Une **prédiction de mouvement** affinée, essentielle pour les scènes dynamiques.
– Des **transformées et un codage entropique** améliorés, pour une compression plus efficace des données.
Ces améliorations, bien que techniques, se traduisent par une expérience utilisateur plus fluide, avec des vidéos qui se chargent plus rapidement et consomment moins de bande passante.

Quels sont les défis à relever pour une adoption généralisée ?
Si les promesses de l’AV2 sont alléchantes, son déploiement à grande échelle ne sera pas immédiat. Plusieurs obstacles pourraient freiner son adoption, à commencer par la nécessité de mettre à jour les infrastructures existantes.
Un déploiement progressif et des délais incompressibles
Les tests internes de l’Alliance for Open Media annoncent un gain de 30 %, mais ces chiffres doivent encore être confirmés par des évaluations indépendantes. Par ailleurs, l’intégration d’un nouveau codec nécessite des mises à jour logicielles et matérielles :
– Les **plateformes de streaming** (Netflix, YouTube, Amazon Prime) devront adapter leurs algorithmes d’encodage.
– Les **fabricants de puces** (Intel, Nvidia, Qualcomm) devront intégrer la décompression AV2 dans leurs processeurs.
– Les **appareils grand public** (smartphones, téléviseurs, box internet) devront être compatibles.
Un processus qui pourrait prendre plusieurs années, comme ce fut le cas pour l’AV1. Lancé en 2018, ce dernier n’est encore que partiellement déployé aujourd’hui.
Une concurrence toujours présente
L’AV2 n’est pas le seul codec en lice pour dominer le marché. Ses principaux rivaux, le **H.266 (VVC)** et le **EVC (Essential Video Coding)**, offrent des performances similaires, voire supérieures dans certains cas. Cependant, leur modèle économique basé sur des licences payantes pourrait jouer en faveur de l’AV2, surtout pour les petits acteurs du numérique.
Par ailleurs, l’émergence de l’intelligence artificielle dans la compression vidéo pourrait rebattre les cartes. Des solutions comme le codec neuronal de Google (Lyra) ou les algorithmes de Meta promettent des gains encore plus importants, mais leur adoption reste marginale pour l’instant.

FAQ
Quand l’AV2 sera-t-il disponible pour le grand public ?
L’AV2 a été finalisé en mai 2026, mais son déploiement prendra plusieurs années. Les premières intégrations pourraient apparaître fin 2026 ou début 2027, mais une adoption massive n’est pas attendue avant 2028-2029.
Quels appareils seront compatibles avec l’AV2 ?
Les smartphones, téléviseurs et ordinateurs récents équipés de puces compatibles (comme celles de Nvidia, Intel ou Qualcomm) devraient prendre en charge l’AV2. Les anciens appareils devront être mis à jour ou remplacés.
L’AV2 est-il vraiment gratuit ?
Oui, l’AV2 est libre de droits, contrairement à des codecs comme le H.265 ou le H.266. Les membres de l’Alliance for Open Media s’engagent à ne pas réclamer de redevances sur les brevets.
Conclusion
L’AV2 s’annonce comme une avancée majeure pour le streaming vidéo, avec des gains de compression significatifs et un modèle économique attractif. En réduisant la taille des vidéos de 30 % sans altérer la qualité, ce codec pourrait révolutionner l’expérience des utilisateurs sur Netflix, YouTube et d’autres plateformes.
Cependant, son adoption ne sera pas immédiate. Entre les mises à jour logicielles, les compatibilités matérielles et la concurrence des autres standards, plusieurs années pourraient s’écouler avant que l’AV2 ne devienne la norme. Pour les consommateurs, cela signifie que les bénéfices de cette technologie ne se feront sentir qu’à moyen terme.
Reste à voir si l’AV2 parviendra à s’imposer face à des alternatives comme le H.266 ou les codecs basés sur l’IA. Une chose est sûre : le paysage du streaming vidéo est en pleine mutation, et l’AV2 en sera l’un des acteurs clés.
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