La revente d’électricité solaire, censée offrir une source de revenus complémentaires aux particuliers, tourne au cauchemar pour des milliers de foyers français. En 2025, les litiges liés à ce secteur ont explosé, selon le dernier rapport du médiateur national de l’énergie. Une situation alarmante, principalement imputable à l’entreprise JPME, dont les pratiques ont laissé près de 5 000 clients dans l’impasse. Malgré les avertissements répétés des autorités, les dysfonctionnements ont persisté, conduisant au retrait de son agrément par l’État.
Avec plus de 800 000 installations solaires en autoconsommation recensées par Enedis, la France connaît un essor sans précédent des énergies renouvelables. Pourtant, cette croissance s’accompagne d’une hausse des contentieux, notamment autour de la revente des surplus d’électricité. Le médiateur national de l’énergie souligne une baisse globale des saisines en 2025, attribuable à la fin de la crise énergétique et au déploiement des compteurs intelligents. Mais cette tendance ne concerne pas le photovoltaïque, où les réclamations ont presque triplé en un an.
Pourquoi JPME est au cœur d’un scandale sans précédent
Une augmentation alarmante des litiges
En 2025, le médiateur a enregistré 598 saisines recevables concernant la revente d’électricité solaire, contre seulement 190 en 2024. Ces litiges représentent désormais 9 % de l’ensemble des dossiers traités. La majorité d’entre eux visent Actelios Solutions, la société derrière la marque JPME, spécialisée dans l’achat et la revente d’électricité produite par les particuliers.
Des promesses alléchantes, des réalités désastreuses
JPME s’était distinguée en proposant des tarifs de rachat particulièrement attractifs, atteignant jusqu’à 17,21 centimes d’euro par kWh en 2023, bien au-dessus des 12 centimes offerts par EDF OA. Une stratégie agressive qui a séduit de nombreux producteurs, mais qui s’est rapidement transformée en source de problèmes. Les clients ont été confrontés à des retards de paiement récurrents et à des modifications unilatérales de leurs contrats, provoquant une vague de mécontentement.

Une entreprise sanctionnée à plusieurs reprises
Dès 2024, JPME avait écopé d’un « carton rouge » du médiateur pour ses retards de paiement et l’absence de service client opérationnel. Malgré cet avertissement, les pratiques de l’entreprise n’ont pas évolué. En 2025, le nombre de réclamations a même doublé, avec 481 dossiers recevables. Face à cette persistance, le ministère de l’Économie a finalement retiré son autorisation d’achat pour revente d’électricité en 2026, une décision que conteste Actelios Solutions, la jugeant « disproportionnée ».
Les conséquences pour les producteurs solaires
Un basculement automatique vers EDF, mais des pertes financières
Le retrait de l’agrément de JPME n’a pas entraîné de coupure pour les consommateurs, dont les contrats ont été transférés automatiquement vers EDF, fournisseur de secours sur la quasi-totalité du territoire. En revanche, les 4 760 producteurs qui revendaient leur surplus à JPME se sont retrouvés sans solution immédiate. Contrairement aux clients classiques, ils ont dû trouver eux-mêmes un nouvel acheteur, sans aucune mesure de continuité contractuelle.
Des démarches complexes pour rebondir
Trouver un nouveau partenaire pour la revente de leur électricité n’a pas été une mince affaire pour ces producteurs. Les offres disponibles sur le marché sont souvent moins avantageuses que celles proposées initialement par JPME, et les procédures administratives peuvent s’avérer longues et fastidieuses. Certains ont même dû renoncer à revendre leur surplus, perdant ainsi une source de revenus non négligeable.

Un manque de transparence et de protection
Ce scandale met en lumière les lacunes du système de protection des producteurs d’électricité solaire. Malgré les signalements répétés, les autorités ont mis du temps à réagir, laissant des milliers de foyers dans une situation précaire. Le médiateur national de l’énergie déplore cette inertie et appelle à un renforcement des contrôles pour éviter que de telles situations ne se reproduisent.
FAQ
Qu’est-ce que JPME et pourquoi est-elle dans la tourmente ?
JPME, filiale d’Actelios Solutions, est une entreprise spécialisée dans l’achat d’électricité solaire produite par les particuliers. Elle est au cœur d’un scandale en raison de retards de paiement, de modifications unilatérales de contrats et d’un manque de service client, ayant conduit au retrait de son agrément par l’État.
Combien de producteurs solaires sont concernés par ce scandale ?
Près de 5 000 producteurs, qui revendaient leur surplus d’électricité à JPME, se sont retrouvés sans acheteur après le retrait de l’agrément de l’entreprise en 2026.
Que faire si je suis concerné par ce problème ?
Si vous étiez client de JPME, votre contrat a normalement été transféré vers EDF. Pour la revente de votre surplus, vous devez contacter un autre acheteur agréé, comme EDF OA ou un fournisseur alternatif, et signer un nouveau contrat.
Quelles leçons tirer de cette affaire ?
Ce scandale souligne l’importance de bien choisir son partenaire pour la revente d’électricité solaire. Il est crucial de vérifier la réputation de l’entreprise, ses conditions contractuelles et les garanties offertes avant de s’engager.
Conclusion
Le scandale JPME révèle les dérives d’un secteur en pleine expansion, où les promesses alléchantes cachent parfois des réalités bien moins reluisantes. Les 5 000 producteurs solaires laissés pour compte illustrent les risques encourus lorsque les contrôles et les protections font défaut. Si la transition énergétique offre des opportunités économiques, elle exige aussi une vigilance accrue de la part des particuliers et des autorités.
Pour éviter de se retrouver dans une situation similaire, il est essentiel de s’informer en amont, de comparer les offres et de privilégier des partenaires fiables et transparents. Le médiateur national de l’énergie, quant à lui, continue de plaider pour un renforcement des mesures de protection, afin que l’autoconsommation solaire reste une aventure bénéfique pour tous.
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